Premier trophée des mécènes de la Rmn-Grand Palais, Johan Creten La Gloire

Premier trophée des mécènes

de la Rmn-Grand Palais
Johan Creten

La Gloire

La Réunion des musées nationaux – Grand Palais a décidé d’éditer un trophée destiné à remercier ses mécènes les plus exemplaires, et invite à cette occasion un artiste contemporain à puiser dans l’immense répertoire de chefs-d’oeuvre de l’Atelier de Moulage. Depuis 1974, y est conservé un ensemble exceptionnel de plus de 6 000 références, 12 000 moules et 3 000 modèles, retraçant l’histoire de la sculpture de l’Antiquité au XXe siècle.

Pour la première édition de ce trophée, la Rmn-Grand Palais a proposé à Johan Creten, artiste flamand vivant à Paris, de créer une oeuvre s’inspirant et utilisant le potentiel que renferme cette collection unique. Ce premier trophée sera décerné le mardi 1er décembre 2015 au mécène Jean-Pierre Aubin, président d’Aurel BGC.
Considéré comme un précurseur du renouveau de la céramique dans l’art contemporain, Johan Creten cultive un rapport très engagé à l’histoire et un lien fort avec les oeuvres et les techniques du passé, afin de raconter le monde d’aujourd’hui. Il a notamment exposé dans les salles Renaissance du Louvre en dialogue avec Bernard Palissy et au musée Eugène Delacroix à Paris ; au Bass Museum of Art de Miami ; à la Biennale d’Istanbul ; à la Wallace Collection à Londres ; et au MAMCO de Genève. En 1996, il a été récompensé par le prix de Rome et a résidé à la Villa Médicis.
Pour répondre à cette commande, Johan Creten a travaillé dans les ateliers de moulage de la Rmn-GP en étroite collaboration avec l’équipe de mouleurs-statuaires qui perpétuent l’excellence de l’artisanat et de la main d’oeuvre classique française.

La sculpture qui en résulte incarne le rythme de la vie, la légèreté de l’air, la fluidité de l’eau, la stabilité de la terre et la fougue du feu comme la colonne renvoie à l’arbre, l’arbre à l’homme, les ailes à l’amour, pour former finalement une image puissante d’énergie créatrice.
La sculpture doit être regardée sous tous ses angles car l’artiste a façonné les silhouettes, les creux, les formes d’ombres et les contrastes de structures et de textures, pour réaliser une oeuvre qui se découvre lentement et dont l’impact se dévoile peu à peu.
Après avoir entrepris une recherche dans les archives de la Rmn-GP, Johan Creten a sélectionné trois sculptures historiques pour en extraire des fragments et leur redonner une autre lecture :

- La robe de L’Aurige de Delphes : la verticalité est accentuée, la colonne semble flotter au-dessus du sol et rappelle le fût de la colonne grecque classique mais les légers mouvements du tissu esquissent le corps humain.


- De L’Amour menaçant de Falconet, Johan Creten réutilise les ailes et les agrandit, pour leur donner une charge érotique en les réassemblant de façon originale, transformant ces ailes en coquillage entrouvert. Il se greffe à la colonne dans un mouvement tourbillonnant de matière modelée de façon expressionniste, caractéristique du travail de Johan Creten, et traduit l’impulsion de l’acte créateur.


- Sous sa forme érotisée, tendre et sensuelle, le coquillage enveloppe la couronne issue du portrait de Louis XIV à l’âge de cinq ans attribué à Jacques Sarazin, couronne qui comme un trésor, se cache dans les formes galbées de la sculpture.


Le modus operandi de ce projet est avant tout un travail de collage et d’appropriation. À l’image des artistes italiens du XVe siècle qui s’inspiraient de sculptures antiques gréco-romaines retrouvées pour inventer l’art de la Renaissance, Johan Creten utilise le champ illimité de l’histoire de l’art et les ressources inépuisables des archives de la Rmn-GP comme un vivier fécond, pour en extraire une nouvelle oeuvre audacieuse.


La sculpture trouve son unité esthétique dans l’utilisation d’une résine chargée de marbre aux cristaux étincelants.
Pour sa réalisation, Johan Creten a travaillé avec les équipes des ateliers de moulage de la Rmn-GP dont Arnaud Briand, Meilleur Ouvrier de France qui a réalisé des moules d’une très grande complexité.
L’artiste a également eu recours à une série de nouvelles technologies : imprimantes 3D, découpe laser, etc. pour réaliser certains éléments de la sculpture.
Pour la finition, l’artiste a travaillé avec l’atelier Prométhée, spécialisé dans la reproduction historique d’oeuvres en céramique et en résine.

JOHAN CRETEN
La Gloire
Résine chargée de marbre, 180 x 45 x 40 cm
Tampon d’aigle, tampon Rmn-GP, numérotée, signée, datée et située sous la base

crédits © Photo: Yann Audino

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Rmn- Grand Palais : Florence Le Moing, florence.le-moing@rmngp.fr, 01 40 13 47 62