Les Nabis et le décor : Bonnard, Vuillard, Maurice Denis… Musée du Luxembourg, Paris, 13 mars – 30 juin 2019

Aucune exposition en France n’a encore été consacrée à l’art décoratif des Nabis. Il s’agit pourtant d’un domaine essentiel pour ces artistes qui voulaient abattre la frontière entre beaux-arts et arts appliqués. Dès la formation du groupe, à la fin des années 1880, la question du décoratif s’impose comme principe fondamental de l’unité de la création. Cette conception qui n’était pas entièrement nouvelle, tirait ses origines de la pensée de William Morris qui fut avec John Ruskin l’initiateur du mouvement Arts & Crafts en Angleterre dans les années 1860. Le mouvement parti d’Angleterre essaima en Espagne avec le modernisme catalan, en Belgique avec Victor Horta, Van de Velde et Paul Hankar, en France puis dans toute l’Europe. L’art décoratif des Nabis s’inscrit dans un courant global de renouveau défendu et popularisé par Siegfried Bing dans sa galerie de l’Art nouveau. Il constitue une expérience spécifique d’art total  basée sur un dialogue entre les artistes et une admiration commune pour l’art du Japon.

L’intérêt des Nabis pour l’ornemental occupe une place importante dans leur création en leur permettant d’élargir leurs expériences techniques dans le domaine de la peinture – de chevalet mais aussi sur paravent et éventail -, de l’estampe,  de la tapisserie, du papier peint, du vitrail. Fascinés par les estampes japonaises qu’ils découvrent à l’occasion d’une exposition organisée en 1890 à l’Ecole des beaux-arts de Paris, ils s’inspirent de ces images expressives pour mettre au point une nouvelle grammaire stylistique. En proscrivant l’imitation illusionniste et en affirmant la planéité naturelle du support, les Nabis ont développé un art aux formes simplifiées, aux lignes souples, aux motifs sans modelé, destiné à agrémenter des intérieurs contemporains. Leurs compositions se distinguent par l’emploi de couleurs vives, de lignes ondulantes, de perspective sans profondeur avec des motifs soulignés d’un cerne pour mieux les détacher du fond.

Véritables pionniers du décor moderne, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Sérusier, Ranson, ont défendu un art en lien direct avec la vie permettant d’introduire le Beau dans le quotidien. Ils prônent une expression originale, joyeuse, vivante et rythmée, en réaction contre l’esthétique du pastiche qui était alors en vogue. « Notre âge ne hait rien tant que les répétitions, affirmait Roger Marx, les recettes héritées du passé, il est tourmenté par l’appétence de l’interdit, il convoite le frisson nouveau ; échapper à la hantise du ressouvenir, bannir ce qui est voulu, enseigné, telle est son ambition, sinon sa règle. »  

L’exposition au musée du Luxembourg permettra de reconstituer des ensembles décoratifs qui ont été démantelés et dispersés au cours du temps. Parallèlement à la peinture, elle consacrera une part significative aux créations des Nabis dans le domaine de la tapisserie, du papier peint, du vitrail et de la céramique. Son parcours articulé en quatre sections aborde le sujet à travers des thèmes importants comme l’association symbolique de la femme et de la nature dans les œuvres  de jeunesse de Bonnard, Maurice Denis, Vuillard et Ker-Xavier Roussel, ou encore le thème des intérieurs chez Vuillard. Y sera également évoquée la contribution de ces artistes aux innovations encouragées par Bing dans sa galerie de l’Art nouveau. L’exposition se conclura sur la présentation de décors à thèmes sacrés évoquant l’engouement de certains Nabis pour l’ésotérisme et le spirituel.

commissariat : 
Isabelle Cahn, conservatrice générale des peintures au musée d’Orsay ; 
Guy Cogeval, directeur du Centre d’études des Nabis et du symbolisme
scénographie : 
Hubert Le Gall, assisté de Laurie Cousseau

photos presse disponibles:

L’utilisation des visuels a été négociée par la Rmn-GP, Ils peuvent être utilisés jusqu’à la fin de l’exposition (13 mars 2019 - 30 juin 2019 ), et uniquement dans le cadre de la promotion de l’exposition. 

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