Le rêve d’être artiste – Palais des Beaux Arts de Lille – 20 septembre 2019 – 6 janvier 2020

Après l’exposition thématique Joie de Vivre et la grande rétrospective Jean-François Millet, le Palais des Beaux-Arts de Lille présente Le rêve d’être artiste.
D’Albrecht Dürer à Marina Abramovic, en passant par Jacques-Louis David, Edouard Manet, Frida Khalo, Jeff Koons et Pilar Albarracín, cette exposition raconte la construction d’un mythe, celui de l’artisan qui voulait devenir immortel.

L’Eldorado, pour l’artiste, c’est se faire un nom, vivre de son art, être reconnu.e de ses pairs, constituer une référence. Depuis le Moyen Âge, où peintres et sculpteur.trice.s sont encore des artisans, jusqu’à aujourd’hui, l’artiste rêve de se faire une place au soleil. Pour y parvenir, il.elle bâtit au fil des siècles une incroyable stratégie d’élévation sociale, qui lui permet de s’arracher à sa condition, de créer en toute liberté tout en côtoyant les puissants, les princes et les rois. Les artistes s’imposent peu à peu comme des êtres singuliers, hors normes, suscitant respect et admiration, aussi bien que controverses, censures et persécutions.
En six sections et plus d’une centaine d’œuvres, l’exposition aborde les thématiques suivantes :

Je signe donc je suis ?
Un nom pour quelle postérité ?
Signer, c’est littéralement se faire un nom. Au Moyen Âge, dans les enluminures, la signature équivaut à un autoportrait. À la Renaissance, elle fait d’une production artisanale une oeuvre et élève au rang d’artiste. Envahissante, discrète, prétentieuse, sibylline, elle exprime au fil des siècles l’esprit et la personnalité originale d’un maître et d’un atelier. Aujourd’hui, elle est devenue un certificat d’authenticité, une valeur marchande, une marque ou un logo. Elle devient parfois l’oeuvre elle-même.

Une place au soleil ?
Pouvoir, mécènes et marchand.e.s d’art pour vivre (bien ou mal) de son art…
Trouver une place au soleil n’est pas chose aisée pour qui veut créer sans entraves : courtiser mais sans compromission, vivre de son art sans dépendre complètement des puissants et des commanditaires que l’on immortalise. C’est toute une stratégie que l’artiste bâtit au cours des siècles pour s’affranchir des contraintes matérielles et morales : créer des académies pour échapper aux corporations d’artisans et assurer ses revenus, obtenir un statut social qui préserve sa liberté de créer, profiter du système marchand et critique qui se met en place au milieu du XIXe siècle et qui a prospéré jusqu’à aujourd’hui, sans être exploité.e.

Génial.e, forcément génial.e ?!
L’artiste égal.e des dieux ?
On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Les artistes ont créé leur propre légende afin de démontrer qu’ils et elles ne sont pas comme les autres. À partir de la Renaissance et de Giorgio Vasari, lui-même artiste, on écrit des biographies où l’artiste devient un génie, possédant un don inné à l’égal des dieux.

Me, Myself & I
Quelle image de soi pour l’éternité ?
Quoi de mieux pour bâtir le mythe de l’artiste que de s’auto-représenter ? Sous toutes les coutures, en pied, en buste, de face, de trois-quarts, d’abord en costume d’apparat pour affirmer sa réussite, puis en tenue débraillée ou en costume de fantaisie pour afficher sa liberté, nu.e et sans concession enfin pour signifier sa différence, l’artiste sait mettre en scène sa condition et ses états d’âme. En faisant cela, en devenant sujet et objet de leurs œuvres, les artistes éprouvent aussi bien leur vanité que la nôtre.

Splendeurs ou misères ?
La légende dorée de l’artiste, de la bohême au star-system
Du « premier peintre du Roi » à l’artiste bohème, de l’Académie royale à l’école d’art, de l’atelier de misère au studio luxueux, les conditions de vie et de travail des artistes connaissent des extrêmes. La ruée vers l’art, comme celle de l’or, se décline de la pauvreté à la richesse.

Autodérisions !
Casser son image
Rire de soi, c’est tout un art ! Si l’artiste met toute son énergie pendant cinq siècles à se construire un statut hors-normes, il est capable de se moquer de lui-même et de ses travers et de se représenter avec humour, sans concession. 

Pour la première fois, cette exposition formera un récit : chaque section sera comme le chapitre d’un livre, à l’intérieur duquel les œuvres, chacune accompagnée d’un texte, seront comme les pages de ce chapitre, dans un ordre de narration et d’accrochage bien précis. Peintures, dessins, gravures, sculptures, mais aussi extraits de films et d’émissions de télévision, seront tous au service d’une histoire : celle de l’irrésistible ascension de l’Artiste.

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commissariat général : Bruno Girveau, directeur du Palais des beaux-arts et du musée de l’Hospice Comtesse, Lille 
commissariat scientifique : Delphine Rousseau, conservatrice, dépt peintures et sculptures 20e siècle
Régis Cotentin, docteur, art contemporain
assistés de Clémentine Delplancq

photos presse disponibles:

L’utilisation des visuels a été négociée par la Rmn-GP, Ils peuvent être utilisés jusqu’à la fin de l’exposition (27 septembre 2017 - 2 juillet 2018 ), et uniquement dans le cadre de la promotion de l’exposition.

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