événement de clôture du Grand Palais La Ronde et Happening Tempête conception Boris Charmatz I terrain  

vendredi 15 et samedi 16 janvier 2021
Nef du Grand Palais
entrée libre


Après 120 ans d’une vie trépidante, le Grand Palais, nécessite une importante restauration. Plus d’un siècle après sa création, il entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Au début de l’année 2021, il fermera momentanément ses portes pour entamer de grands travaux de restauration.
J’ai souhaité inviter un artiste à imaginer une création pour marquer cette nouvelle étape de la vie du Grand Palais. Une sorte de rite de passage, où la Nef mise à nue sera offerte aux publics avant sa fermeture provisoire.
Un événement artistique tourné vers l’avenir et vers un Grand Palais encore plus ouvert à tous, plus accessible, ancré dans les mouvements et les réflexions qui traversent notre société, et qui offre au visiteur la possibilité d’être un acteur et un citoyen de son temps.
Après avoir dirigé pendant dix ans son Musée de la danse né d’un croisement entre le musée, lieu d’exposition et de conservation, la danse, art du mouvement, et le lieu de production qu’est le centre chorégraphique de Rennes, Boris Charmatz a accepté cette invitation avec enthousiasme, dans son désir vivace de créer des communautés dansantes éphémères, toujours conçues en relation avec l’architecture d’un lieu, et l’histoire qui l’a façonné.
Les dimensions exceptionnelles de la Nef du Grand Palais offrent un nouveau défi à l’artiste qui s’est déjà emparé de la Turbine Hall de la Tate Modern à Londres, des espaces du Moma de New York, de l’esplanade Charles-de-Gaulle de Rennes, ou encore de l’ancien aéroport de Tempelhof à Berlin. Un nouveau chantier s’ouvre dans la Nef, pour penser, pratiquer et élargir avec le public les frontières de l’art.
Avant le grand chantier des travaux !
Chris Dercon
Le Grand Palais est une cathédrale de la république. Même déserté au printemps de toutes ses activités, le lieu vide parlait encore. Il continue à résonner de sa longue histoire. Il me semble être un écrin gigantesque aux désirs les plus intimes.
Comme on ne peut passer abruptement du confinement à la foule, j’ai imaginé une ronde, La Ronde.
Arthur Schnitzler a écrit ce texte extraordinaire de couples enchaînés les uns aux autres au moment où se construisait le Grand Palais. En 1900, le lieu ouvre alors que Schnitzler publie à compte d’auteur son oeuvre qui fera scandale, en raison de la thématique sexuelle... ou de la judaïté de l’auteur.
Fermeture autour de la figure du duo, et ouverture infinie de la chaîne qui déplace les corps, les transperce. Schnitzler dit crûment amour et sexe des personnages sociaux (la comédienne, le soldat, la prostituée, le comte...). Il invente un protocole du désir perméable, passé et transmis à l’autre, parfois dans la tension, dans l’absence de concordance.
La dramaturgie de ce livre est déjà une danse où les couples jamais ne se referment mais toujours rencontrent l’autre.
Le Grand Palais est démesuré, il est difficile d’imaginer là une demi-mesure. Soit on peut y déclencher une tempête avec 6000 personnes en présence, soit le considérer comme un écrin et y déposer délicatement un joyau prosaïque : une chaîne infinie de duos dansants, chantants, parlants. Toute une nuit.
Les corps bougent, se heurtent, s’embrassent, se quittent et pourtant restent, se lient dans l’espace mental, s’ancrent pour maintenir une continuité du vivant et du désir.
J’imagine une série de couples enchâssés, un paysage de duo dansants, parlants, chantants, avec des artistes hors-normes, qui se suspendent au temps pour entretenir ce foyer plusieurs heures durant.
Des morceaux iconiques sortis de l’Histoire (de Don Quichotte à Dirty Dancing en passant par Anne Teresa De Keersmaeker), des duos inventés pour l’occasion, des extraits de Schnitzler, des artistes qui ouvrent les sens et entraînent les visiteurs dans la nuit. Une nuit dont la durée sera embrassée par tous, interprètes et public, dans un doux et long embrasement chorégraphique partagé jusqu’au petit matin.
Puis, avec le jour nouveau, parce qu’il faut espérer qu’en janvier 2021 le risque viral aura décru jusqu’à être négligeable, la foule sera convoquée, des groupes assemblés, le public invité à rejoindre un chaos collectif de corps dans une tempête de gestes.
Un gigantesque atelier pour tous. Une performance sauvage. Et un dance-floor fugace, dans la Nef, avant la clôture pour travaux. Quand même. Une explosion d’amour pour la clôture du Grand Palais.
Boris Charmatz, Juin 2020
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Danseur, chorégraphe et directeur artistique de [terrain], Boris Charmatz soumet la danse à des contraintes formelles qui redéfinissent le champ de ses possibilités. La scène lui sert de brouillon où jeter concepts et concentrés organiques, afin d’observer les réactions chimiques, les intensités et les tensions naissant de leur rencontre.
De 2009 à 2018, il dirige le Musée de la danse, Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne.
D’À bras-le-corps (1993) à infini (2019), il a signé une série de pièces qui ont fait date, en parallèle de ses activités d’interprète et d’improvisateur (notamment avec Médéric Collignon, Anne Teresa De Keersmaeker et Tino Sehgal).
Il est en 2011 artiste associé du Festival d’Avignon. Pour le MoMA en 2013 il crée Musée de la danse: Three Collective Gestures. En 2015, il imagine pour la Tate Modern le projet If Tate Modern was Musée de la danse?. La même année, il ouvre la saison danse de l’Opéra national de Paris et présente dans le Palais Garnier le projet 20 danseurs pour le XXe siècle avec les danseurs du Ballet.
En 2020, son oeuvre fait l’objet d’un portrait au festival d’Automne à Paris.

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Conception, Boris Charmatz
Lumières, Yves Godin
Production : Réunion des musées nationaux – Grand Palais ; terrain
Coproduction : Compagnie l’Oiseau Mouche ; Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris ; École nationale supérieure des Beaux-Arts
Avec le soutien du phénix scène nationale de Valenciennes – pôle européen de création
La Ronde et Happening Tempête sont présentés dans le cadre de la 49ème édition du festival d’Automne à Paris.


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entrée libre
accès : métro ligne 1 et 13 «Champs-Elysées - Clemenceau» ou ligne 9 «Franklin D. Roosevelt»
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