Chagall, Sculptures 27 mai – 28 août 2017 

Une exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et les musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes au musée national Marc Chagall, Nice.

​Un projet initié par Curators Inc. Art & Architecture pour la Tokyo Station Gallery, le Nagoya City Art Museum et l’Aomori Museum.


Tout au long de sa vie, le génie inventif de Marc Chagall (1887-1985) l’a poussé à se confronter à des techniques artistiques très variées : dessin, peinture, gravure, céramique, mosaïque, vitrail, tapisserie…Ce large éventail compte également une pratique de l’artiste encore peu connue du grand public : la sculpture.

A l’exception de L’Épaisseur des rêves présentée à Roubaix en 2012, à La Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent, rares ont été les expositions consacrées à ce thème. Le musée national Marc Chagall, dont la collection recèle cinq exceptionnelles pierres taillées, a choisi de révéler cet aspect encore méconnu de l’œuvre de l’artiste au cours de l’été 2017.

C’est à partir de 1949, alors qu’il s’installe à Vence, sur la Côte d’Azur, que Marc Chagall découvre la pratique de la sculpture. L’artiste s’initie d’abord au volume par le modelage, en créant des céramiques au sein de divers ateliers de la région, dont l’atelier Madoura de Vallauris. Émerveillé par la richesse des terres et des roches de la région, dans lesquelles se reflètent tous les coloris de la lumière méditerranéenne, Chagall s’attaque au travail de la taille de la pierre, utilisant volontiers la pierre de Rognes, matériau provençal aux éclats coquillés jaunes (Moïse, 1952-1954), mais également le marbre (Deux têtes, une main, 1964). Pour certaines pièces, l’artiste fait appel à la prestigieuse fonderie Susse afin de les éditer en bronze, déclinant un travail de peintre sur les patines et un regard de graveur sur les reliefs et volumes de l’œuvre en métal (La Bête fantastique , 1959-1960). L’exploration de nouveaux matériaux par la sculpture et la céramique dure plus de trente ans et nourrit, enrichit et renouvelle son approche de la peinture, à travers une matière revisitée.

Au total, Marc Chagall a créé près d’une centaine de pièces sur les thèmes qui lui sont chers : célébration de l’amour, représentations animalières et scènes bibliques. L’exposition permettra de découvrir une soixantaine d’entre elles et comprendra également des cuivres et des bois gravés (cuivres gravés à l’eau-forte et à la pointe sèche de La Bible, 1931-1956) ; bois gravés de Poèmes, 1968) ainsi que des collages inédits qui témoignent de la recherche constante que constitue, pour l’artiste, la question du volume. Nul doute que son expérience de graveur a favorisé la création de reliefs (Deux oiseaux et un lapin ou La Colline , 1966) et de stèles gravées, notamment les pierres tombales de son amie l’auteure russe Assia Lassaigne (1950) et de son épouse Bella Rosenfeld (1965).

Les pièces sculptées présentées dans l’exposition révèlent l’infinie diversité des sources d’inspiration de Chagall. Ici, des formes aux accents préhistoriques se déploient sur des objets prélevés dans la nature - galets, os -, dont les silhouettes mi-humaines mi-animales s’animent par le dessin très libre de Chagall (Visage double-profil, vers 1957). Là, c’est le vocabulaire des colonnes et des chapiteaux médiévaux qui est employé dans de délicats bas-reliefs de couples primordiaux (Deux nus ou Adam et Eve, 1953).
D’autres sculptures enfin témoignent de l’influence de l’iconographie culturelle russe, spirituelle et populaire, notamment perceptible dans un bestiaire fantastique toujours renouvelé (Le Coq, 1952).

Doté d’un sens aigu de la spatialité et de l’échelle, les sculptures de Chagall se sont aussi déployées au sein de projets spécifiquement dédiés à une architecture, religieuse ou civile. Les œuvres réalisées pour l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d’Assy (La Biche et L’Oiseau, 1957) ou encore pour la cour intérieure de l’hôtel particulier d’Ira Kostelitz à Paris (Oiseau et Poisson, 1964-1966) - connue sous le nom de Cour Chagall, aujourd’hui intégrée dans le parc de la Fondation Gianadda de Martigny, en Suisse - seront ainsi présentées pour la première fois à Nice, dévoilant un nouvel aspect du travail de l’artiste, dans la lumière méditerranéenne du musée national Marc Chagall.

commissaires :
Anne Dopffer,
conservateur général du patrimoine, directrice des musées nationaux du XXe siècle des Alpes-Maritimes
Johanne Lindskog, conservatrice du patrimoine au musée national Marc Chagall

photos presse disponibles:

L’utilisation des visuels a été négociée par la Rmn-GP, Ils peuvent être utilisés jusqu’à la fin de l’exposition (27 septembre 2017 - 2 juillet 2018 ), et uniquement dans le cadre de la promotion de l’exposition.

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