​Restauration des couvertures et de la rotonde elliptique du Palais d’antin, siége du palais de la Découverte

le 30 octobre 2017


La restauration des couvertures et des parties hautes de la rotonde elliptique du Palais d’Antin avec son magnifique plafond verrier, qui a bénéficié du mécénat exclusif des FONDATIONS VELUX, constitue l’acte anticipé d’un très ambitieux projet de rénovation et d’aménagement du Grand Palais destiné à faire entrer ce monument de plain-pied dans le XXIème siècle. Cette première phase préliminaire a démarré en août 2016 et s’achève le 1er décembre 2017.


Durant les 14 mois de travaux, 3 interventions se sont déroulées sur la rotonde elliptique centrale :
- combles : mise hors d’eau du bâtiment avec restauration et renforcement de la structure métallique du plafond verrier ; Isolation des combles avec mise en place d’un système de ventilation naturelle ; Restitution de la visibilité de la trame bois, support des ardoises
- extérieur : restauration des couvertures (ardoises, zinc, ornements) de la rotonde elliptique et des verrières en toiture ;
- intérieur: restauration des décors sculptés en partie haute de la rotonde centrale, du plafond verrier et de ses ornements dorés, mise en lumière de l’ensemble.
Ces travaux d’une grande complexité, et confiés à François Chatillon, architecte en chef des Monuments Historiques en charge du Grand Palais, ont mobilisé des architectes, des ingénieurs, des entreprises et des restaurateurs de talent.
Cette mission s’appuie sur différents diagnostics réalisés par François Chatillon entre 2011 et 2013, portant sur les couvertures de l’ensemble du site, les décors du Palais d’Antin et une étude sanitaire générale.
Elle prend en compte les désordres apparus depuis ces analyses.
La verrière de la rotonde n’ayant jamais été restaurée depuis sa construction en 1900, ce chantier exceptionnel a permis de revaloriser cet ouvrage qui redonnera toute sa splendeur au hall central, espace d’accueil du public.
De plus, cela aussi été l’occasion de renforcer les performances techniques de l’ouvrage, dans le respect de l’oeuvre, afin de répondre aux exigences actuelles pour permettre une meilleure exploitation du lieu.


UN ÉCHAFAUDAGE EXCEPTIONNEL

La première étape de ce projet de restauration fût le déploiement en intérieur, à 14 m de hauteur, d’un platelage au niveau des chapiteaux des piliers du hall afin de permettre le déploiement d’un autre échafaudage à plus de 13 m en approche des décors et du plafond verrier. Ce système a permis de maintenir l’ouverture du musée du Palais de la Découverte et l’accueil du public.
La première étape a été le sous-étaiement du sous-sol afin de supporter le poids de la structure du platelage qui ne prenait appui à aucun moment sur le monument.
L’impressionnant plancher était soutenu par 4 piliers d’étaiements et couvrait la totalité du diamètre de la rotonde, devenant ainsi une plateforme pour installer les échafaudages de travail où les différents corps de métiers et restaurateurs pouvait atteindre le haut de la rotonde.
Parallèlement, en extérieur, un échafaudage parapluie de 44 m de portée et 42,5 m de largeur sur une surface de 1870 m2, enveloppait le dôme extérieur de la rotonde afin d’entreprendre les travaux d’étanchéité et de restauration des couvertures. Cette intervention incluait la restauration de la verrière de la coupole avec l’amélioration de ses performances thermiques, les couvertures en zinc et ardoises ainsi que les ornements.

RESTITUER LA LUMIERE ORIGINELLE

Albert Thomas, lors de la construction du Palais d’Antin, avait particulièrement soigné la diffusion de la lumière, les nombreuses verrières sur la coupole centrale elliptique, les deux coupoles octogonales en symétrie participant à l’éclairage du palais d’Antin.
Le système des rotondes offre un éclairage diffus puisqu’elles sont constituées de verrières en toiture qui éclairent les combles composés de charpente métallique. Depuis ces combles, la lumière est diffusée en second jour dans le bâtiment grâce au plafond verrier de chaque rotonde, ce qui offre une lumière filtrée et douce, nécessaire à l’époque pour préserver les oeuvres d’un éclairage direct.
Afin de restituer cette lumière originelle, la restauration des couvertures a impliqué celle des verrières et du plafond verrier de la rotonde centrale elliptique, redonnant ainsi au Palais d’Antin la générosité de son éclairage naturel.
Pour la verrière, l’ancien verre armé en 25x25 est remplacé par un double vitrage à l’argon, composé à l’extérieur d’un verre strié feuilleté, résistant à 1200 joules et conforme aux normes de sécurité, restituant ainsi l’aspect de l’ancienne verrière avec des performances contemporaines.

En intérieur, pour le plafond verrier, les profilés sont d’origine, en profil acier en « T ». Le projet de restauration a prévu la dépose des vitrages détériorés, le nettoyage, la restauration des sections abîmées (assemblages) et la remise en peinture de cette ossature. Les verres les plus abîmés sont remplacés par des verres simples armés de 8mm. Sur les 632 verres, cette opération de remplacement concerna 72 d’entre eux.

LES DÉCORS RESTAURÉS ET MAGNIFIÉS

A la différence du reste du Grand Palais, la couverture du Palais d’Antin est également composée d’une couverture en ardoise et zinc ouvragé, sur les 3 dômes.
Les ardoises, cintrées pour s’adapter au dôme, provenaient des Ardoisières d’Angers. Aujourd’hui, ces ardoises ne sont plus fabriquées en France, elles sont remplacées par des ardoises de Galice, un peu plus épaisses mais avec le même cintrage, la même texture et la même couleur que les ardoises d’origine.
Les ornements comme les feuillages sont en zinc estampé, les arêtiers en zinc. L’ensemble de ces décors ont fait l’objet d’une restauration en atelier, sauf pour le décor au faitage du dôme qui lui a été restauré sur place.
En intérieur, le plafond verrier de la rotonde centrale, magnifique ouvrage d’un diamètre de 20m x 17m, est composé du plafond verrier orné d’une dorure à la bronzine sur les branchages et à la feuille d’or sur les rayons du soleil au centre du décor. L’ensemble est restauré.
Des groupes sculptés des allégories des Arts réalisés en staff scandent les piliers de la rotonde et sont accompagnés d’un programme de décors ornementaux très aboutis. Ces grandes figures féminines (la Peinture et le Dessin, l’Architecture et la Construction) ont été réalisées par Henri Nelson. Ils sont nettoyés et restaurés avec reprise des fissures.
La mise en lumière du plafond verrier et des groupes sculptés couronne cet ensemble, permettant ainsi la mise en valeur de l’oeuvre d’Albert Thomas, pour la première fois restaurée.

LE GRAND PALAIS

OEuvre charnière entre le XIXème siècle et le XXème siècle, le Grand Palais, classé monument historique en 2000, est un moment de tension entre académisme et modernité. L’adaptation entre forme architecturale et fonction est particulièrement pertinente. La mise en oeuvre des matériaux, en particulier celle de l’acier, exprime une forme de « vérité » structurelle et permet la transparence : deux concepts chers à la modernité. Tous les matériaux disponibles en cette fin de XIXème siècle (pierre, briques, acier, béton, verre, stuc, marbres, mosaïques, etc.) ont été utilisés. Leur mise en oeuvre a fait appel aussi bien au savoir-faire des compagnons qu’aux calculs des ingénieurs.
Le « Grand Palais des Beaux-Arts » est édifié à Paris à partir de 1897, pour l’Exposition universelle prévue en avril 1900. Il fait partie avec le Petit Palais et le Pont Alexandre III d’un ensemble urbain destiné à être le point d’orgue de l’exposition universelle. L’édifice est décrit sur son fronton comme un « Monument consacré par la République à la gloire de l’art français ».
Un concours d’idées entre architectes est décidé en avril 1896 à la suite duquel le jury demande aux premiers primés de s’associer. Henri Deglane, Louis-Albert Louvet, Charles-Louis Girault et Albert Thomas se répartissent alors la maîtrise d’oeuvre. Henri Deglane, réalisera le bâtiment antérieur (cf. plan 1/2/3), Louis Louvet le bâtiment intermédiaire (cf. plan 4), Charles Girault, coordonnera l’ensemble des travaux et réalisera le Petit Palais. C’est Albert Thomas (cf. plan 5) qui mène à bien la construction de l’aile ouest dite « Palais d’Antin ».
Le chantier commence en avril 1897 pour se terminer le 15 avril 1900, date de l’ouverture de l’exposition universelle.

LE PALAIS D’ANTIN, SIEGE DU PALAIS DE LA DECOUVERTE

« Le Palais de la Découverte », musée des sciences et de la connaissance, occupe depuis 1937 le Palais d’Antin, espace qui se démarque. Bâtiment autonome au sein de l’édifice construit par Albert Thomas, au vocabulaire décoratif qui lui est propre, il respecte une stricte symétrie tout en étant en communication avec le reste du Grand Palais par une baie encadrée de colonnes monumentales en granit et ouverte sur le Salon d’Honneur. Les salons se répartissent symétriquement de part et d’autre d’une rotonde placée au centre du bâtiment.
L’édifice adopte alors un décor Art Déco et les installations muséographiques modifient fortement l’esthétique intérieure d’origine.
Le palais d’Antin est composé de 3 coupoles correspondant à 3 rotondes. La plus grande rotonde, centrale, est de forme elliptique. Les deux autres en symétrie sont plus petites et octogonales. En extérieur les 3 rotondes ont des verrières de type terrasson. En intérieur, la rotonde elliptique centrale a un plafond verrier magistral, tandis que celui de chacune des deux plus petites rotondes est aujourd’hui occulté. Chacune des 3 rotondes a une structure métallique au sein de leur dôme. La plus impressionnante est celle de la rotonde centrale elliptique.
Les verrières : Albert Thomas avait particulièrement soigné la diffusion de la lumière naturelle puisque de nombreuses verrières éclairaient les étages (coupole centrale, coupoles octogonales aux extrémités, verrières rectangulaires dans les halls). La lumière naturelle était relayée par des dalles de verre au rez-de-chaussée. Cette circulation a aujourd’hui disparu puisque certaines verrières sont occultées mais aussi en mauvais état de conservation.
La mosaïque : une mosaïque de grès orne le sol de la rotonde. Réalisée par l’atelier Simons sur le dessin du peintre-décorateur Hista, elle représente un ensemble rinceaux dont les couleurs sont très soignées.
Les sculptures : des groupes sculptés des allégories des Arts réalisés en staff scandent les piliers de la rotonde et sont accompagnés d’un programme de décors ornementaux très aboutis. Les motifs de fleurs et végétaux sont déclinés sur les rampes en bronze des balcons et sur les chutes de trophées avec fond de lambris en onyx.


A PROPOS DES FONDATIONS VELUX

LES FONDATIONS VELUX sont des fondations actionnaires à but non lucratif, de droit danois. Il s’agit d’un modèle d’organisation capitalistique original, au coeur de la culture et du modèle économique danois.
Villum Kann Rasmussen, le fondateur du Groupe VELUX, a créé ces fondations dans un double but : assurer l’indépendance et la pérennité de l’entreprise, quel que soit le devenir des successions familiales ; et restituer à la société une grande part des bénéfices de l’entreprise, afin que sa réussite commerciale serve des projets d’intérêt public. C’est donc un modèle hybride doublement vertueux, économique et philanthropique, de gouvernance et de transmission.
Depuis leur création en 1971, LES FONDATIONS VELUX ont apporté leur soutien à de nombreux projets, dans des domaines scientifiques, sociaux ou culturels, pour un montant de 1,3 milliard d’euros, dont plus de 155 millions en 2016.

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Florence Le Moing, florence.le-moing@rmngp.fr